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Croquer des laitues au milieu des camions-bennes

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Croquer des laitues au milieu des camions-bennes

L’agriculture urbaine bat son plein au site d’Outremont, où des organismes communautaires et des dizaines de bénévoles cultivent des laitues vendues à des restaurants du quartier. Il y a aussi des ruches.

Maryse Poisson récolte des feuilles de laitue et des radis pour les offrir à une dizaine d’invités spéciaux du bureau de projet de l’Université de Montréal et à des partenaires venus piqueniquer en ce mercredi de juillet sur le lieu du futur pavillon des sciences, à Outremont. «Ce matin, nous avons livré 15 kilos de laitue à trois restaurants du quartier qui les ont servis en salade. Difficile d’avoir plus frais», dit en souriant l’agricultrice de Bioma, une coopérative montréalaise spécialisée en agriculture urbaine et aménagement paysager comestible.

Deux fois par semaine, les fermiers urbains livrent à vélo leur récolte destinée aux restaurants Les fillettes, Vice et versa et Place commune, à moins d’un kilomètre de là. Tout cela grâce à un potager qu’ils ont aménagé il y a quelques semaines sur le site du campus à venir et qui a commencé à produire au début de juillet. «Je suis impressionné, car, la dernière fois que je suis venu ici, c’était un décor lunaire, on venait de terminer la décontamination. Aujourd’hui, nous mangeons les produits de la culture et tout est vert autour de nous», s’étonne Stéphane Béranger, coordonnateur au développement durable à l’UdeM.

S’il n’a pas mis ses bottes de jardinier, il a été un acteur clé dans la création de cet espace qui s’étend sur un hectare et qui accueille, en plus du potager de Bioma, les arbres et arbustes de SOVERDI, le jardin collectif de Parc-Extension, et deux ruches. «Pas de plants mais beaucoup de plans sont passés par moi!» illustre-t-il.

De l’émerveillement, il y en avait aussi dans les yeux d’Alain Boilard, directeur général de Développement Outremont. Il s’intéressait à chacun des partenaires et s’informait de leurs contributions respectives.

Agriculture urbaine

Bien que le terrain appartienne à l’Université de Montréal (qui l’a acquis afin d’y ériger un complexe des sciences dont l’ouverture est prévue en 2019), son accès est limité en raison des travaux d’infrastructure en cours. Tout autour des plants de laitues, tomates et concombres, des camions vont et viennent et l’on entend le bruit des marteaux-piqueurs et tractopelles en pleine activité. «Ça fait partie du concept de l’agriculture urbaine», s’amuse Alexandre Beaudoin, conseiller à la biodiversité et instigateur de plusieurs initiatives visant à mettre en valeur les richesses écologiques du campus. Il est celui qui a amené l’apiculture à l’UdeM, notamment.

Sur le futur campus, deux ruches ont été placées par Miel Montréal à proximité des plantations afin de stimuler la pollinisation. Si la récolte de miel est satisfaisante, on pense proposer à un commerce du coin d’aromatiser une crème glacée à la saveur locale…

Jamais à court d’idées, Alexandre Beaudoin vient de se lancer avec la collaboration d’Héritage Laurentien dans la culture de l’asclépiade afin de favoriser la reproduction du papillon monarque, dont c’est la plante hôte. «Nous voulions constituer ici une ferme urbaine à partir de projets proposés par différents organismes du quartier. Le défi était de mettre tout ce monde-là autour de la table et d’arriver à un projet commun», relate-t-il.

C’est à lui que Madeleine Rhéaume s’est adressée lorsqu’elle a eu l’idée de consacrer une partie des terrains disponibles à du jardinage communautaire, en 2013. «Le site d’Outremont est très enclavé et entouré de clôtures. C’est un endroit où l’on n’a pas l’habitude d’aller. Il est pourtant très riche et possède un fort potentiel, comme on le voit aujourd’hui», dit la coordonnatrice des relations avec la communauté en croquant une feuille de chou frisé. Elle souhaite y attirer les membres de la communauté universitaire afin qu’ils s’approprient au plus vite cette extension du campus sur la montagne. «Le nouveau campus d’Outremont, c’est déjà une réalité pour nous. Il faudrait que ce le soit pour tout le monde…»

Mme Rhéaume rend hommage aux bénévoles de l’UdeM et aux partenaires qui ont su se débrouiller avec les moyens du bord pour acheminer l’eau nécessaire à l’entretien des végétaux. Mais ce n’est pas tout. Quand on a voulu présenter du cinéma en plein air, ce sont des vélos stationnaires qui ont produit l’électricité…

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Mathieu-Robert Sauvé

Amorce des travaux sur le Site Outremont, sous la responsabilité de la Ville de Montréal.

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